Psy, psychanalyste, praticien : à qui s'adresser quand on ne sait pas par où commencer ?
Il y a un moment très particulier dans la vie de beaucoup de gens. Celui où l'on se dit enfin « j’ai besoin d’aide », et où l'on reste bloquée là, des semaines, parfois des mois, devant un moteur de recherche. Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste, psychopraticien, sophrologue, hypnothérapeute… On ne sait pas qui fait quoi, on a peur de se tromper, de tomber sur la mauvaise personne, de payer pour rien. Alors on referme l'onglet et on se dit qu'on verra plus tard.
Cet article est là pour vous éviter ce « plus tard ». L’idée est de vous apporter quelques repères et vous inciter à répondre à trois questions très concrètes : de quoi ai-je besoin, qui peut m'apporter ça, et comment trouver la bonne personne.
Avant de choisir quelqu'un, demandez-vous ce que vous cherchez
C'est la question que presque personne ne se pose, et c'est pourtant elle qui fait gagner le plus de temps... En gros, on arrive dans un cabinet avec l'un de ces trois besoins (parfois deux à la fois).
Être soulagée. Ça déborde, vous dormez mal, vous êtes à bout. Vous n'avez pas besoin de comprendre votre enfance tout de suite, vous avez besoin que ça aille mieux, et vite.
Comprendre. Vous sentez que quelque chose se joue en vous, que votre histoire pèse, et vous avez besoin de mettre des mots dessus, de faire des liens, de prendre du recul.
Changer une réaction persistante. Vous avez déjà compris beaucoup de choses, fait de nombreuses lecture ou des stages bien être vous permettant d’identifier certains schémas. Vous pourriez expliquer votre fonctionnement à n'importe qui. Mais au moment où la situation se présente, la colère, la panique ou le repli sont automatiques.
Ces trois besoins n'appellent pas la même porte. Gardez le vôtre en tête pour la suite.
Qui fait quoi ?
Le psychiatre : quand on n'arrive plus à fonctionner
Le psychiatre est médecin, et c'est le seul à pouvoir prescrire un traitement. Beaucoup de gens l'évitent parce qu'ils ont peur qu'on leur colle des médicaments à vie. Dans la réalité, quand on ne se lève plus, qu'on ne mange plus, que l'angoisse prend toute la place, un traitement bien ajusté sert souvent à une chose : redonner assez d'énergie pour que le reste du travail devienne possible. Il ne remplace pas ce travail. Il ouvre la porte.
Si vous traversez une période vraiment noire, ne restez pas seule avec ça : le 3114 répond jour et nuit, gratuitement.
Le psychologue et le psychothérapeute : pour comprendre
Les deux titres sont encadrés par la loi, et la plupart des psychothérapeutes sont d'ailleurs psychologues. La vraie différence, celle qui va changer votre expérience, c'est l'approche qu'ils pratiquent. Et c'est là que les fiches Doctolib deviennent illisibles.
Petit traducteur :
TCC (thérapies cognitives et comportementales) : concret, centré sur le présent, avec souvent des exercices entre les séances. Très efficace pour les crises d'angoisse, les phobies, les pensées obsédantes. Si vous voulez des outils et pas forcément remonter à votre enfance, c'est par là.
Approche psychodynamique ou analytique : on parle, on explore votre histoire, on cherche ce qui se rejoue. Plus long, plus en profondeur. Idéal si votre besoin est de comprendre.
Approche systémique : on regarde vos difficultés dans le contexte de vos relations, de votre famille, de votre couple. Parfaite quand le problème semble « entre » les gens plutôt qu'en vous.
Approche humaniste : centrée sur l'écoute, l'accueil sans jugement, votre propre capacité à trouver vos réponses. Très douce, très respectueuse du rythme.
EMDR : une méthode conçue spécifiquement pour les traumatismes, qui utilise des mouvements oculaires ou des stimulations alternées. Si vous avez vécu un accident, une agression ou un événement qui revient en boucle, cherchez quelqu'un qui la pratique.
Côté budget, en libéral à Paris, comptez souvent entre 60 et 90 euros la séance. Le dispositif Mon soutien psy permet d'être remboursée sur un certain nombre de séances chez un psychologue partenaire, sans ordonnance : l'annuaire est sur ameli.fr. Et si votre budget est vraiment serré, les CMP (centres médico-psychologiques) de votre secteur proposent des consultations prises en charge, avec des délais parfois longs, mais une vraie porte d'entrée.
Le psychanalyste : pour les explorateurs patients
La psychanalyse, ce n'est pas seulement le divan et le silence de l'analyste, même si les deux existent. C'est un travail sur le temps long, souvent plusieurs années, où l'on parle librement et où l'on découvre peu à peu ce qui nous agit sans qu'on le sache. Pour certaines personnes, c'est l'expérience la plus transformatrice de leur vie. Pour d'autres, c'est frustrant : elles ont besoin de plus de réponses et de moins de silence. Si vous aimez creuser, que vous n'êtes pas pressée et que le processus vous intrigue autant que le résultat, essayez. Le titre n'étant pas réglementé, demandez simplement à quelle école ou société l'analyste est rattaché.
Le praticien : quand comprendre ne suffit plus
Psychopraticien, praticienne psycho-émotionnelle, hypnose, sophrologie, EFT… Le paysage est vaste, les titres sont libres, et c'est à la fois sa richesse et son point faible. On y trouve des personnes remarquablement formées, et d'autres qui ont suivi un stage. D'où l'importance des questions qu'on verra plus bas.
Ce qui distingue en général ces approches, c'est qu'elles ne passent pas uniquement par la parole. Elles travaillent souvent avec le corps, les émotions, l’inconscient, etc. Les séances sont souvent plus actives, et l'accompagnement plus court.
Mon avis sincère : parler, comprendre, ressentir
Une partie de mes clients.es ont fait des années de thérapie. I.elles connaissent parfois leur histoire par cœur. I.elles ont identifiés leur attachement dominant. I.elles ont compris pourquoi i.elles choisissent toujours le même type de partenaire, pourquoi un simple silence les met dans tous leurs états. Et pourtant, rien ne bouge vraiment. Ce qui a jusqu’alors donner du sens, soulagé, éclairé, devient des étiquettes que l’on porte et desquelles on n’arrive plus à sortir. C'est que l’étape de la thérapie traditionnelle a fait son travail : poser du sens. Ce qui reste, c'est la charge émotionnelle accrochée à ces souvenirs, et celle-là ne se dissout pas toujours par les mots.
C'est exactement là que je travaille, en harmonisation globale. Par le dialogue, on identifie la blessure qui se rejoue, puis on travaille sur la mémoire émotionnelle qui y est attachée, pour que la réaction perde son emprise. C'est souvent le chaînon manquant pour celles et ceux qui sont dans le troisième besoin : changer une réaction qui résiste malgré tout ce qu'ils ont compris. Si ça vous parle, les articles sur les schémas relationnels répétitifs et les blocages émotionnels vont plus loin.
À l'inverse, si vous êtes en plein effondrement, ou si vous n'avez encore jamais posé de mots sur votre histoire, ma méthode n'est probablement pas votre première étape. Un espace de parole, avec un psychologue, vous aidera d'abord à reprendre pied. On pourra se retrouver après, si besoin. Et beaucoup de personnes mènent les deux de front : l'un pour comprendre, l'autre pour ressentir. Ça marche très bien.
Comment trouver la bonne personne, concrètement
Cherchez par besoin, pas par titre. Plutôt que « psychologue Paris », tapez « TCC crises d'angoisse », « EMDR traumatisme » ou « schémas répétitifs accompagnement ». Vous tomberez sur des personnes qui ont choisi de se spécialiser sur ce que vous vivez.
Lisez les présentations avec un œil critique. Une bonne présentation dit clairement pour qui la personne travaille, comment, et ce qu'elle ne fait pas. Méfiez-vous des promesses de résultat garanti, des listes interminables de méthodes (on ne maîtrise pas douze approches), et des discours qui vous font sentir que vous êtes en danger si vous ne réservez pas tout de suite.
Posez trois questions avant de prendre rendez-vous, par mail ou par téléphone. Comment travaillez-vous, concrètement ? Avec quel type de situations avez-vous l'habitude de travailler ? Combien de temps dure en général un accompagnement avec vous ? La façon dont on vous répond en dit souvent autant que la réponse elle-même.
Considérez la première séance comme un entretien. Vous n'êtes pas engagée. C'est aussi vous qui évaluez. Et rien ne vous empêche de rencontrer deux ou trois personnes avant de choisir : ce n'est pas de l'infidélité, c'est du bon sens.
Demandez autour de vous. Le bouche-à-oreille reste l'un des meilleurs filtres, à condition de vous rappeler que la personne idéale pour votre amie ne le sera pas forcément pour vous.
Comment savoir si c'est la bonne personne
La recherche sur l'accompagnement psychologique est assez unanime sur un point : la qualité de la relation pèse plus lourd que la méthode elle-même. Alors après la première séance, posez-vous ces questions. Est-ce que je me suis sentie écoutée, vraiment ? Est-ce que j'ai compris comment on allait travailler ? Est-ce que j'ai envie d'y retourner, même si c'est un peu intimidant ?
Être remuée après une séance, c'est normal, parfois même bon signe. Se sentir jugée, minimisée ou incomprise, non. Donnez-vous deux ou trois séances pour vous faire un avis. Si ça ne passe toujours pas, dites-le. Un bon professionnel l'entendra sans difficulté, et pourra même vous orienter vers quelqu'un d'autre.
Les questions qu'on me pose tout le temps
Et si je n'arrive pas à parler, ou que je ne sais pas quoi dire ? C'est beaucoup plus fréquent qu'on ne le croit, et ce n'est pas un obstacle. Dites-le simplement en arrivant. Un bon accompagnant saura vous guider. Et certaines approches, justement, passent moins par la parole : si les mots ne viennent pas, c'est peut-être un indice sur la porte qui vous conviendra.
Combien de temps avant que ça bouge ? Ça dépend énormément de l'approche et de ce que vous venez travailler. Une TCC pour une phobie peut produire des effets en quelques semaines. Une psychanalyse se compte en années. Un travail sur une blessure précise, comme en harmonisation globale, peut faire bouger les choses en quelques séances, même si les terrains plus anciens demandent davantage de temps. N'hésitez pas à poser la question au professionnel en question.
J'ai déjà fait une thérapie qui ne m'a pas aidée. Ça veut dire que ça ne marche pas pour moi ? Non. Ça veut souvent dire que ce n'était pas la bonne approche, la bonne personne, ou le bon moment. Repensez à ce qui vous a manqué : des outils concrets ? De la profondeur ? Un travail plus ressenti que réfléchi ? Votre réponse vous indique la prochaine porte à pousser.
Vous avez compris beaucoup de choses, mais certaines réactions résistent encore ? Découvrez l'harmonisation globale ou réservez un appel découverte pour en parler ensemble.