Comment reconnaître un blocage émotionnel ?

Les émotions ressemblent un peu au courrier. On peut laisser les enveloppes s'empiler dans l'entrée en se promettant de s'en occuper plus tard. Elles ne disparaissent pas pour autant, et un beau jour vous pouvez même vous retrouver à devoir pousser fort pour ouvrir la porte (ok j’exagère un peu).

Un blocage émotionnel, c'est ce qu’il se passe quand une émotion n'a pas pu être vécue jusqu'au bout. Elle a été retenue, mise de côté ou jugée trop inconfortable sur le moment. Au lieu de se laisser traverser, elle reste stockée. Et ce qui reste stocké finit toujours par se manifester autrement : par le corps à travers des maux de dos - voir des maladies -, par des réactions qu'on ne s'explique pas, ou par un grand vide intérieur.

Le terme n'a rien d'un diagnostic médical. Il désigne pourtant une réalité que la recherche en psychologie décrit assez précisément.

Ce que dit la recherche

Dans les années 1990, le chercheur James Gross, à l'université de Stanford, a étudié ce qu’il se passe lorsqu’on retient une émotion. Ses travaux avec Robert Levenson ont montré que la suppression émotionnelle réduit ce qui se voit de l'extérieur, mais pas ce qui se vit à l'intérieur. L'activation physiologique, elle, reste présente, voire augmente. Autrement dit, faire bonne figure ne fait pas disparaître l'émotion. Cela la déplace simplement là où personne ne la voit, y compris vous.

Le psychiatre Bessel van der Kolk, dans son livre Le corps n'oublie rien, a popularisé une idée voisine : les expériences émotionnelles difficiles laissent une empreinte dans le corps et le système nerveux, bien au-delà du souvenir conscient. On peut avoir « tourné la page » dans sa tête pendant que le corps, lui, continue de réagir comme si l'événement était encore en cours.

Les signes qui doivent vous mettre la puce à l'oreille

Un blocage émotionnel ne s'annonce presque jamais comme tel. Il se reconnaît plutôt à des détails du quotidien, qu'on a souvent pris l'habitude de ne plus remarquer.

L'émotion absente. Une situation devrait vous toucher, une rupture, un deuil, une injustice flagrante, et vous ne ressentez… pas grand-chose. Vous vous trouvez même étonnamment calme. Ce calme-là ressemble moins à de la sérénité qu'à un interrupteur qu'on aurait coupé.

L'émotion démesurée. À l'inverse, un détail déclenche une tempête : un retard de dix minutes, une remarque anodine, une assiette mal rangée. La réaction ne correspond pas à l'événement. Elle correspond souvent à tout ce qui s'est accumulé avant lui.

L'émotion de remplacement. Certaines personnes se mettent en colère pour tout, alors qu'en dessous il y a surtout de la tristesse. D'autres pleurent dès qu'elles sont contrariées, parce que la colère n'a jamais eu le droit d'exister chez elles. Une émotion en recouvre une autre, jugée moins acceptable.

Le « je vais bien » réflexe. La réponse part avant même que la question soit finie. Et si quelqu'un insiste un peu, on change de sujet, on fait une blague, on retourne la question.

L'analyse à la place du ressenti. Vous savez parfaitement expliquer pourquoi vous devriez être en colère, déçue, en joie ou triste. Vous pourriez en faire une thèse. La sur-analyse remplace le ressentir, le besoin de compréhension peut être une forme d’hypervigilance qui empêche la reconnexion à soi.

Les messages du corps. Une gorge qui se serre toujours dans le même type de situation, une fatigue qu'aucune nuit ne répare, un souffle court dès qu'un sujet précis arrive sur la table. Ces signaux méritent d'abord un avis médical, pour écarter toute cause physique. Quand le bilan ne trouve rien, ils racontent souvent une histoire émotionnelle.

L'évitement ciblé. Il y a un domaine de votre vie que vous contournez soigneusement : un appel à passer, une conversation à avoir, un projet qui vous tient à cœur et que vous repoussez depuis des mois. On évite en réalité l'émotion attachée à la tâche en question.

D'où vient un blocage

Un blocage n'est ni une faiblesse ni un défaut de fabrication. C'est une protection mise en place depuis longtemps. À un moment de votre histoire, souvent dans l'enfance, ressentir pleinement une émotion n'était pas possible ou pas sécurisant pour votre système intérieur. Pleurer n'était pas bien accueilli, la colère était mal gérée par les adultes, ou il fallait tout simplement tenir parce que personne d'autre ne tenait. Mettre l'émotion en pause était alors la solution la plus intelligente.

Le souci, c'est que la protection reste en place bien après que le danger ai disparu. Elle continue de filtrer vos émotions d'adulte avec les règles savamment mise en place par stratégie de survie durant l’enfance. C'est d'ailleurs souvent de là que naissent les schémas relationnels répétitifs : l'émotion bloquée cherche une issue et rejoue la même scène pour tenter, enfin, d'être entendue.

L'article sur l'enfant intérieur détaille ce qui se construit pendant ces premières années.

Dénouer un blocage, concrètement

Il ne suffit pas de se forcer à ressentir, et encore moins de se reprocher de ne pas y arriver. Un blocage se dénoue quand le système nerveux comprend, par l'expérience et pas seulement par le raisonnement, qu'il peut relâcher sa garde sans danger.

En harmonisation globale, nous commençons par identifier ensemble (par le dialogue) la blessure qui se cache derrière le blocage : ce qu’il s'est passé, ce qui n'a pas pu être dit ou ressenti, et ce que cette part de vous attend encore. Puis nous travaillons sur la mémoire émotionnelle qui y est attachée, dans les émotions et dans le corps, pour que la charge s'apaise progressivement. Ce qui était figé peut alors se remettre en mouvement, à votre rythme.

Pour qui, pour quoi

Cet accompagnement s'adresse souvent aux personnes qu'on décrit comme « fortes », celles qui gèrent tout, pour tout le monde, et qui ne savent plus très bien ce qu'elles ressentent elles-mêmes. Il parle aussi à celles qui se sentent débordées par des réactions qu'elles ne comprennent pas et qu'elles regrettent aussitôt. Et il convient à toute personne qui sent qu'un événement du passé pèse encore, même si elle a l'impression d'en avoir « fait le tour ».

Les questions qu'on me pose tout le temps

Je pleure facilement, donc je n'ai pas de blocage ? Pas forcément. On peut ne pas avoir de mal à se mettre en colère mais ne jamais ressentir de joie par exemple. Ou alors les larmes sont la seule porte de sortie autorisée pour tout ce qui ne peut pas s'exprimer autrement.

Un blocage émotionnel, est-ce la même chose qu'une dépression ? Non. Si vous ressentez depuis plusieurs semaines une tristesse persistante, une perte d'intérêt pour ce qui vous plaisait, des troubles du sommeil ou des idées noires, consultez d'abord un médecin ou un psychologue. L'harmonisation globale ne remplace pas un suivi médical. Elle peut en revanche l'accompagner.

Est-ce que je vais devoir revivre des moments douloureux ? Vous n'aurez pas à tout raconter dans les moindres détails, ni à replonger dans chaque souvenir. Vous restez consciente et actrice de la séance du début à la fin, et nous avançons au rythme que votre système nerveux peut accueillir.

Combien de séances faut-il ? Cela dépend de ce qui est en jeu. Certains blocages se dénouent rapidement, dès que la bonne blessure est identifiée. D'autres, plus anciens ou plus imbriqués, demandent davantage de temps. Nous faisons le point ensemble dès la première séance.

Vous sentez que quelque chose est resté coincé ? Découvrez l'harmonisation globale ou réservez une séance découverte.

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